Dans la dignité
Dignes, oui, nous l’avons été pendant la cérémonie d’adieu, pour être à ta hauteur, Antonin, malgré ton bas âge.
Dignes, on ne l’est plus vraiment, on essaie seulement de ne pas courber l’échine face à cette maladie, pernicieuse et vicieuse, qui malgré ton départ, nous hante. Relever la tête pour rester forts et unis, car la colère gronde, l’injustice nous révolte, la violence nous étouffe.
Notre bébé, tu es parti doucement avec les larmes au bord des yeux, et tu as dit à ton papa “ça va”. Digne jusqu’au bout.
Notre histoire n’est pas un fait divers, ton départ n’a pas fait la une des journaux papiers ou télévisés. Mais c’est un bataillon d’au moins un bon millier de pirates et de moussaillons qui t’a rendu les derniers hommages, dans un silence respectueux et chaleureux. Dignes.
La maladie, la peur, la souffrance, l’espoir, le désoeuvrement, le combat, la mort, la survie… c’est l’histoire de notre famille, mais aussi celle de beaucoup d’autres, dignes elles aussi.
Le cancer des nourrissons jusqu’aux adolescents, on n’en parle pas. Les cages en verre stériles, les chambres doubles sans aucune intimité, le mélange de toutes les couches sociales et de tous les cancers inimaginables, la vie qui côtoie la mort à tous les étages, on en parle pas.
Tous ces enfants vivants malgré la mort, tous ces enfants morts qui resterons vivants longtemps.
On ne peut être qu’admiratifs et rester dignes… pour eux.
Tes parents qui t’aiment.
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